Faïencerie Georges, le savoir-faire en héritage

Carole et Jean-François ont quitté leur vie parisienne pour reprendre, en 2010, la faïencerie des parents de Carole, Faïencerie Georges, entreprise familiale depuis 4 générations. Rencontre. 

On a décidé de changer de vie”. C’est dans leur magasin atelier de Nevers, situé à deux pas de la Loire, que Carole et Jean-François reçoivent. Voilà presque un décennie que le couple a tout quitté pour se reconvertir dans la fabrication d’assiettes en faïence.

Carole et Jean-François, accompagnés de leur stagiaire Anne-Sophie.

À l’époque chargé de mission au ministère de l’emploi et directrice artistique dans une agence de communication à Paris, Jean-François et Carole ont comme une envie d’ailleurs. Au même moment les parents de Carole, à la tête d’une faïencerie appartenant à la famille depuis 1926, annoncent leur départ prochain à la retraite.

Se lancer un défi

Ça a été le déclic” raconte Carole. “Nous avons eu envie de nous lancer le défi de reprendre cette entreprise familiale. On s’est donné 5 ans en se disant que si ça ne marchait pas on arrêterait.” Ils quittent donc Paris pour Nevers, ville dont ils sont originaires tous les deux.

7 ans plus tard, le couple porte fièrement les couleurs de Faïencerie Georges. Le retour à la terre est donc une réussite. Les murs de leur boutique sont ornés de leurs créations, savant mélange d’un savoir-faire familial et d’une dose de modernité. En témoigne leurs collaborations avec des artistes contemporains. Le dernier en date ? Claude Lévêque, plasticien, qui a signé une collection, où tambours et fusils bleu cobalt viennent habiller l’émail blanc des assiettes.

S’il s’agit d’assiettes de décoration, que la plupart des clients achètent pour créer des compositions murales, elles peuvent tout à fait être utilisées comme art de la table. “Les assiettes sont plus fragiles que celles en porcelaine mais on peut les passer au lave-vaisselle et les utiliser pour manger. On ne veut pas dire qu’elle ne sont que décoratives”, indique Jean-François.

Une maîtrise globale du processus

Dans leur atelier, le ballet du couple est bien rôdé. Jean-François est en charge de la fabrication des assiettes. “Calibrage, première cuisson, émaillage du biscuit. On travaille comme les anciens ont toujours travaillé, mises à part des améliorations liée à la matière on fabrique tout pareil”, explique Jean-François. Pour acquérir ce savoir-faire, il a tout d’abord suivis des cours en centre de formation, puis s’est perfectionné auprès du père de Carole, afin de maîtriser la technique sur le bout des doigts.

À la reprise de l’affaire familiale le couple a voulu mettre sa patte sur les assiettes produites par la faïencerie. S’ils utilisent des moules des anciens, ou sortent de leurs boîtes des moules délaissés, ils ont apporté quelques modifications dans les recettes de fabrication. “Température, terre, émail, nous avons insufflé un peu de nouveauté et de modernité sans sacrifier le savoir-faire”, confie Jean-François.

À l’autre bout de la pièce, Carole fait courir son pinceau sur les assiettes pour y apposer les décors. Pylônes électriques, arbres, panneaux de signalisation, les possibilités sont infinies. “Nous imaginons les dessins souvent à partir de photos que nous avons prises. Ou à partir d’idées que l’on trouve en allant se promener à la campagne. On trouve une certaine poésie dans ce qui nous entoure comme par exemple avec les pylônes”, indique Carole.

Une cuisson sur émail cru

Puis l’assiette sera cuite une seconde fois, avec le décor. “C’est ce qui fait la spécificité de la faïence de Nevers”, explique la jeune femme. “Le décor est cuit avec l’émail, c’est ce que l’on appel une cuisson sur émail cru, qui donne le côté un peu aquarelle des assiettes. C’est un aspect qu’on ne peut pas avoir autrement que par cette 2ème cuisson.”

Ne reste alors plus qu’à apposer la signature de Faïencerie Georges, deux noeuds verts, “Pour faire le rébus, Georges de Nevers” explique Jean-François dans un sourire.

S’ils maîtrisent aujourd’hui la chaîne de fabrication de bout en bout “ce qui devient de plus en plus rare en France”, tient à préciser Jean-François, produire des assiettes dans la pure tradition faïencière reste un vrai challenge. À leur arrivée, quatre faïenciers avaient pignon sur rue à Nevers, ils ne sont aujourd’hui plus que deux.

Au bout de 7 ans on est très heureux d’avoir développé ce qu’on a fait et d’être dans un métier ou on est assez libre, ou tout ce qui arrive dépend que de nous. Mais il faut qu’on passe un palier” concède Jean-François. “On s’est fait un peu connaître dans le monde de la déco mais ça ne suffit pas, on n’est pas aux objectifs fixés. Ce n’est pas facile de produire tout à la main, en France.”

 

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